Quel Sport Quand on a des Extrasystoles ?

En 2008, Paul M., âgé de 62 ans, kinésithérapeute expert en voyages à vélo et auteur de nombreux cyclotourismes chaque année, ressent des essoufflements, des blocages respiratoires transitoires et de la gêne aux côtés lors d’efforts.

L’exercice ne le dérange pas; il continue d’agir malgré tout, bien qu’au fur et à mesure que les kilomètres se font, les symptômes disparaissent et les « sensations » s’améliorent.

Il décide enfin de consulter face à cette symptomatologie qui lui fait dire que « ce n’est plus pareil » et après plusieurs mois de recherches.

 Description du cas

Ce sportif entraîné qui se connaît bien a démontré ces inconfortables sensations chez lui. L’examen physique cardiovasculaire n’a pas d’anomalie (indice de pression artérielle de 130/60 mmHg).

L’ECG repose sans que rien ne soit suspect. L’anomalie biologique n’a pas lieu (un taux de LDL à 1,5 g/l avec un taux de HDL à 0,6 g/l).

L’échographie cardiaque de repos est normale (FE à 70 %), et elle n’indique aucune dilatation des canalisations ventriculaires et auriculaires, aucune anomalie pariétale des ventricules, ni la valvulopathie. Une autre épreuve d’effort (EE) a été imposée.

Elle a été arrêtée suite à plusieurs accès de tachycardie ventriculaire non soutenue (TVNS), qui se traduisent par des doublets dès 190 watts .

Tout rentre subitement en ordre après la cessation de l’effort et le patient assure avoir ressenti les mêmes symptômes que d’habitude.

Un schéma de coronarographie est nécessaire compte tenu du âge. Elle n’a pas de sténose angiographique mais des artères insuffisamment droites. En outre, l’IRM aucune anomalies.

À lire aussi : quels sont les signes d’un cœur fatigué ?

Début du traitement

L’électrophysiologie était d’abord explorée. Il n’y a pas eu de tachycardie soutenue induite sous isoprénaline, mais des TVNS avec un aspect de retard droit à la fréquence ventriculaire de 240 bpm/min ont apparu.

Un nouveau contrôle est proposé avec un traitement bêtabloquant quelques mois plus tard. La reprise sportive est interdite jusqu’à la prochaine évaluation. Un traitement par l’association statine et acide acétylsalicylique est également mis en route.

L’EE était arrêtée sur des critères d’épuisement musculaire à 145 bpm et pour une puissance maximale atteinte à 246 watts au bout de trois mois sous bêtabloquants.

L’activité sportive est repris avec un seuil de FC à ne pas dépasser. Quelques mois plus tard, un Holter ECG (vélo) dans la situation est réalisé et il ne contient qu’une série d’extrasystoles ventriculaires (ESV) sans rapport avec le effort.

Aucun trouble des rythmes soutenus ou non n’est noté. Le vélo loisir continue de l’accès autorisé, sans compétition.

M.M., en 2009, a continué à faire plus de 5 000 kilomètres par an jusqu’en 2011. M.M. est régulièrement suivi, avec une EE annuelle arrêtée au même niveau d’intensité et sans symptômes cliniques ou électriques à 100 % de la fréquence cardiaque théorique (FMT), malgré le traitement bêtabloquant, sans troubles rythmiques cette fois-ci.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *